Santé mentale : et si on ré-apprenait à respirer ?
- Clémence Turpin

- 16 janv.
- 3 min de lecture
La santé mentale est aujourd’hui l’un des enjeux majeurs de notre société. Tout doit aller vite, être immédiat, optimisé, et ce rapport au temps a un impact profond sur notre équilibre psychique et physique.

Dans ce rythme où tout doit être fait rapidement pour en faire toujours plus — au travail comme dans la sphère familiale — la pression s’accumule.
Les injonctions sont nombreuses : partir à 17h du bureau serait faire une demi-journée, nos enfants devraient enchaîner deux ou trois activités extra-scolaires tout en étant performants à l’école.
Le constat est simple : nous sommes stressés. Nous devons être efficaces professionnellement, des parents modèles, avoir un corps tonique, manger sainement, tout en restant disponibles et sereins.
Ce mode de vie pousse beaucoup de personnes à vivre essentiellement « dans leur tête », constamment dans la planification, l’anticipation, la projection.
Si vous vous reconnaissez dans cette description, vous avez peut-être remarqué que votre respiration est haute. Elle est courte, saccadée, incomplète — et, sans le savoir, vous entretenez ainsi votre état de stress.
Lorsque la respiration devient haute, rapide et superficielle, le corps fonctionne comme s’il était en état d’urgence permanent. Les épaules se soulèvent, la nuque et les trapèzes se contractent, la mâchoire se serre. Avec le temps, des douleurs musculaires apparaissent, des maux de tête s’installent, la respiration devient oppressante. À l’intérieur, le système nerveux s’emballe : l’adrénaline et le cortisol augmentent, maintenant l’organisme en hypervigilance.
Cette tension chronique ne se limite pas au corps. Elle perturbe aussi le fonctionnement mental : difficultés de concentration, impression de « brouillard dans la tête », pensée ralentie ou confuse, oublis fréquents.
Ce flou cérébral est le reflet d’un cerveau mobilisé pour survivre plutôt que pour réfléchir, décider ou créer. Progressivement, cet état peut conduire à des somatisations — troubles digestifs, palpitations, fatigue persistante, sensation de boule dans la gorge ou dans le ventre. Le corps exprime alors ce que l’esprit n’arrive plus à traiter et les traits comportementaux : impatience, agressivité, colère.
En inhibant les neurotransmetteurs de l’apaisement comme le GABA et la sérotonine, la respiration haute entretient un cercle vicieux où tensions corporelles, brouillard mental et fragilité émotionnelle se renforcent mutuellement, impactant directement la santé mentale.
Il devient alors essentiel de se rappeler que nous avons un corps, et que celui-ci doit être réintégré dans notre quotidien. Cela commence par revenir à des bases simples que nous avons oubliées : apprendre à respirer.
Une respiration saine est une respiration ventrale. À l’inspiration, l’air remplit le ventre, qui se gonfle naturellement.
Faites le test, et observez si vous y arrivez.Il est très probable que vous constatiez que cette respiration n’est possible que dans certaines positions, ou qu’elle vous demande un effort conscient.

La respiration ventrale, lente et profonde, agit comme un véritable signal de sécurité pour le système nerveux. En mobilisant le diaphragme, elle stimule le nerf vague et active le système nerveux parasympathique, responsable du repos, de la récupération et de la régulation émotionnelle.
Le rythme cardiaque s’apaise, les tensions musculaires diminuent, les épaules et la mâchoire se relâchent.Sur le plan mental, cette respiration favorise la clarté d’esprit : la pensée devient plus fluide, la concentration s’améliore, le brouillard mental se dissipe progressivement. En réduisant la sécrétion de cortisol et en soutenant les neurotransmetteurs de l’apaisement comme le GABA et la sérotonine, elle permet de sortir du mode survie pour retrouver un état de présence, de stabilité intérieure et de sécurité corporelle.
Ainsi, un exercice simple, intégré au quotidien, peut déjà avoir des bénéfices considérables. Le corps consomme moins d’énergie inutile, la vitalité augmente, la réactivité au stress et à la pression diminue. Le cerveau devient plus disponible, les situations sont perçues avec plus de clarté et de discernement. Cela se traduit par davantage de performance au travail, mais aussi par plus d’énergie le soir pour accompagner ses enfants, souvent eux-mêmes en pleine décharge après leur journée d’école.
Enfin, il est important de rappeler que cette capacité est naturelle. Nous savions tous respirer ainsi, et nous l’avons oubliée. La respiration est souvent la réponse la plus simple et la plus adaptée avant même d’envisager des thérapies plus complexes ou des traitements médicamenteux.
N'hésitez pas à me partager comment est votre respiration, et je pourrais vous donner des astuces pour reintégrer une respiration profonde et ventrale dans votre quotidien.
Clémence
Pour toutes questions : clemenceetconscience@gmail.com
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